Du début du 7ème siècle au 3ème siècle avant l’ère chrétienne, l’Egypte fut envahie une trentaine de fois. Ces invasions sont mentionnées dans de nombreuses sources de genres, d’origines, de langues et d’opinions divers. Cette étude tente d’évaluer le degré de complexité de ces guerres contre l’Egypte. Envahir l’Egypte présenta un problème complexe auquel se sont heurtés les chefs militaires de l’antiquité. L’Egypte est protégée par de nombreux obstacles naturels auxquels sont venus s’ajouter au cours des ans de nouveaux moyens de défense. Malgré cela nombreux furent les chefs militaires qui ont essayé d’envahir l’Egypte, certains attirés par des promesses de butin tandis que d’autres s’inquiétaient de la politique étrangère égyptienne qui mettait en danger leurs propres intérêts. Afin d’avoir de meilleures chances de succès, les envahisseurs se devaient de constituer une armée plus imposante, mieux entraînée, et qui possédait un équipement plus perfectionné que celle de l’ennemi, tout en tenant compte des obstacles naturels et des moyens de défense du pays attaqué. Dans la plupart des cas, une fois en Egypte, l’envahisseur se devait de guerroyer contre un chef local. Dans une telle offensive, les deux camps avaient des objectifs tout à fait différents. Le but de l’envahisseur était une victoire complète, c’est-à-dire la victoire dans chaque bataille, la conquête de Memphis et, si cela s’avérait nécessaire, une campagne qui poussait vers le sud pour poursuivre le souverain égyptien en fuite. Echouer dans l’un de ces objectifs risquait de perdre la campagne complète. Inversement, le défenseur avait tout simplement de faire échouer l’attaquant dans au moins l’un de ses objectifs, obligeant ainsi ce dernier à se retirer. Cette diversité des objectifs explique la différence dans les tactiques. Tandis que dans la plupart des cas l’envahisseur n’utilisait que la force, le défenseur était aussi enclin à employer des tactiques non-violentes. Au cours de la période étudiée dans cet article, on peut observer d’une part une évolution constante dans les armes, les tactiques et l’origine des combattants, et d’autre part des changements brutaux venant altérer l’équilibre des forces offensives et défensives. Cette évolution couvre entre autres l’introduction des trirèmes et plus tardivement des vaisseaux de guerre plus imposants, l’emploi de mercénaires grecs et cariens et l’utilisation d’éléphants. Les changements brutaux sont l’émergence de l’empire perse et les améliorations apportées par Chabrias aux lignes de défense égyptiennes.
Between the beginning of the seventh century BCE and the third century BCE Egypt was invaded about thirty times. These invasions are documented in many sources of varied genres, origins, languages, and points of view. The present study is an attempt to evaluate the complexity of the war over Egypt in the discussed period.
Invading Egypt is a complex problem that challenged military leaders in ancient times. Nature had endowed Egypt with many defenses. Over the years, man-made defenses were added to the natural ones. In spite of these difficulties, many leaders tried to invade Egypt. Some of them were tempted by the spoil of war; others were compelled to invade by Egypt’s own foreign policy that put their vital interests in danger.
In order to maximize their chances to succeed, prospective invaders had to put together an army larger and/or better trained and better equipped than that of the defender and to take into account all the obstacles both natural and man made.
Once in Egypt the invader found himself (in most cases) in a war against the local ruler. The opposing sides in this war had entirely different objectives: the invader’s objective was a decisive victory over the defender. This includes: decisive victories in all field battles, the conquest of Memphis and, if needed, a pursuit after the Egyptian ruler southwards. Failing to achieve even one of these goals meant the failure of the entire campaign. On the contrary, all the defender had to do was to prevent the invader from achieving at least one of his goals. Achieving this, the defender compelled the invader to retreat. This dissimilarity dictated the tactics used by both sides: While the invader used (in most cases) brute force, the defender was inclined to use non-violent tactics as well.
During the period covered in this article one can observe, on the one hand, constant evolution in weapons, origin of the combatants and tactics, and on the other hand, abrupt changes that alter the balance of power between invaders and defenders. The evolution includes among others: The introduction of triremes, and later larger warships, the introduction of Greek and Carian mercenaries, and the use of elephants. The abrupt changes were the emergence of the Persian Empire and the upgrade of Egypt’s line of defense by Chabrias.